

(4) Participation
"Chaque individu et tous les peuples ont le droit de participer, contribuer, et d’apprécier le développement civil, social et politique à travers lequel tous les droits humains et les libertés fondamentales peuvent êtres pleinement réalisés".
Déclaration des Nations Unies sur le Droit au Développement, 1986, art. 1er
Considérer tout le monde comme détenteur de droits signifie en soi que la participation n’est pas un choix mais une obligation. Tous les individus ont le droit à une participation active, libre et significative à toutes les phases du processus de développement. Cela va bien au-delà de la notion utilitaire de la participation comme facteur essentiel pour obtenir des résultats de projet effectifs. Cela caractérise aussi la dimension de la participation.
La participation n’équivaut pas à la consultation, elle doit offrir des occasions réelles de participation et d’influence de l'agenda, du processus et de l’exécution du développement. Elle requiert un «processus de prise de décision mutuelle où tous les différents acteurs partagent le pouvoir et déterminent ensemble l’ordre du jour. » ( Veneklasen, Miller, Clark et Reilly, 2004).
La participation invoque aussi d’autres obligations: renforcer les capacités des gens à s’engager pleinement dans le processus et assurer un environnement propice pour que ceux-ci puissent développer et exprimer pleinement leur potentiel.
Cela suppose, par exemple, un accès adéquat à l’information, ainsi que des capacités d’organisation adéquates, un espace et un temps favorables pour la participation. De même, la HRBA donne la priorité à la participation des personnes les plus marginalisées.
Dans le domaine de la HRBA, le processus de réalisation des buts s’avère tout aussi important que les buts eux-mêmes. Ainsi, soutenir une capacité accrue pour une participation effective, libre et significative devient en soi un objectif clé pour le développement. La participation est aussi un moyen critique pour assurer l’obligation de rendre compte par les porteurs de devoirs.
Pour le travail du développement, la participation requiert bien plus que des outils participatifs et des méthodologies. Elle exige que tous les agents et les participants au développement élargissent notre manière de voir le monde et nos actions de tous les jours. Elle défie les structures et les systèmes de prise de décision au sein des organisations de développement.
De la Théorie à la Pratique
Utiliser des techniques pour faciliter la discussion, arrêter le jugement et établir la confiance parmi les gens peut s’avérer un facteur très puissant lorsque l’on traite des questions sensibles comme le sexe (en tant que genre).
L’enquête appréciative se focalise sur les actions ou sur ce qui marche bien au sein d’une organisation. CARE Honduras a appliqué cette technique pour tenir un atelier interne sur le genre en se basant sur les considérations suivantes : "qui nous sommes" et "qui voulons-nous devenir". Les "Conversations Cafés", une adaptation de la tradition du "bâton parlant" des populations natives d’Amérique ont aussi été introduites pour promouvoir la discussion sans interruption ou le jugement. Une approche plus "théâtral" a été utilisée pour présenter le sujet des stratégies basées sur les droits humains en montrant des exemples de "participation" et des méthodes pour encourager la "participation" aux niveaux interne et externe.
En mettant l’accent sur les "libertés d’être entendu", les participants ont raconté des histoires de relations réussies entre hommes et femmes, créant ainsi une impression de connexion et de partage de pouvoir entre les personnes.
Principles into Practice: Learning from innovative rights-based programmes
CARE (2005)
Dans la pratique, nous avons vu le terme participation, comme le terme renforcement, grossièrement utilisé et manipulé pour donner la légitimité à des agendas prédéterminés, alors que le vrai pouvoir reste entre les mains de personnes extérieures.
Le pouvoir de prise de décision doit en fait être redistribué aux personnes locales pour obtenir réellement un agenda participatif. Cependant, nous devons aussi reconnaître la vraie difficulté qui réside dans la création d’un processus où les communautés communiquent leur propre identification de leurs besoins et disent ce qu’elles pensent de la satisfaction de ces besoins. La pratique la plus typique est que ces communautés apprennent aux personnes de l’extérieur, ce qu’elles pensent que ces dernières veulent bien entendre...

